mardi 16 juin 2020

"Profs décrocheurs" durant le confinement : et si on remettait l'église au centre du village ?

Où l'on évoque aussi le télétravail des enseignants...

27 ans depuis mon entrée dans l’Éducation Nationale.
14 ans depuis que j'ai basculé dans le corps des personnels de direction...

Et depuis longtemps je me prends à rêver qu'un jour un gouvernement fera son examen de conscience et s'excusera de ne pas avoir mis en œuvre un accompagnement des personnels qui permette une application fluide et sereine des politiques éducatives depuis plus de 50 ans.

Mon analyse après ces années est que les personnels enseignants ne sont pas correctement suivis et accompagnés dans leur quotidien, que leur santé n'est pas activement suivie, et que leurs conditions matérielles de travail (quand ils ne sont pas en présence des élèves) sont nettement insuffisantes.
Et je pense que cette analyse de haute volée est majoritairement partagée par les acteurs en présence.
A force nous en avons pris notre parti, suivant la sainte règle des 5C (C'est Con mais C'est Comme Ça).

Aujourd'hui, chaque enseignant sait que sa santé ne sera pas surveillée et qu'il devra ne compter que sur lui-même et la médecine de ville, que ses difficultés personnelles ne seront pas interrogées à moins qu'il ne demande explicitement de l'aide.
Aujourd'hui, chaque enseignant qui entre dans la profession sait qu'il n'aura pas de conditions d'accueil matérielles garanties au sein de son établissement afin de pouvoir par exemple bénéficier d'un poste de travail et d'un bureau pour préparer ses cours.
Mais il sait qu'il pourra partager parfois quelques ordinateurs en salle des profs avec des collègues (pour un ratio d'un PC environ pour une dizaine de collègues...).

Aujourd'hui aussi, chaque enseignant qui entre dans la profession est libre de choisir ou non de s'équiper d'un ordinateur et d'une connexion internet (à ses frais) pour préparer ses cours.

Chacun a donc le choix, comme tout citoyen, de ne pas équiper son domicile de matériel informatique et d'une connexion internet. Il y en a, peu mais il y en a, et il n'est écrit nulle  part que cela constitue une faute professionnelle. 
Du moment qu'en période normale il s'engage à saisir son cahier de texte numérique et ses évaluations (dans les locaux de son établissement ou ailleurs) puisque cela fait aujourd'hui partie de ses obligations professionnelles.
Je force un peu le trait, mais je montre juste que dans le contrat d'un professeur rien n'est prévu  qui l'oblige à être équipé à son domicile.

Et aujourd'hui, on lit ici et là des articles aux titres accrocheurs.
"Confinement : où sont passés les profs ?", "Profs décrocheurs, que fait le ministre ?", "Les profs ne veulent pas reprendre le travail ! Pourquoi ?".

Ces articles suscitent des réactions épidermiques, que ceux qui ne connaissent pas le milieu pourraient penser excessives.
Mais il n'en est rien parce qu'à force d'avoir accepté durant des décennies l'inacceptable, la moindre critique crée un sentiment d'injustice épidermique.
Et justifié.

Depuis plusieurs jours j'en viens à espérer à nouveau ce fameux examen de conscience, en soutien aux personnels.

On devrait louer le miracle qui s'est déroulé qui a fait que plus de 95% des enseignants ont suivi leurs élèves avec qualité et dévouement malgré des conditions matérielles inacceptables.

Malgré quelques très rares appels à refuser de le faire, dans l’Éducation nationale la quasi totalité des enseignants se sont assis sur la Loi (concernant le télétravail) dans l’intérêt premier de leurs élèves :
ils ont utilisé leur matériel personnel,
ils ont utilisé leurs forfaits téléphoniques (parfois en les explosant).
Tout cela sur leurs propres deniers.

La continuité pédagogique n'a tenu que parce que la quasi totalité des enseignants a pallié le manque total de matériels professionnels mis à leur disposition .

Donc non, l'Institution n'était pas prête contrairement à ce qui a pu être dit.
A aucun moment.
Mais les enseignants étaient prêts.

Et nous avons obtenu de formidables résultats.

Seule la flexibilité extraordinaire des personnels a fait qu'une fois de plus la machine a pu tourner.
Majoritairement.
Avec des résultats parfois remarquables.

Qui est allé creusé avec quels moyens tel ou telle enseignant.e a créé sa chaine YouTube, a usé de moyens novateurs pour animer et rendre encore plus vivants ses cours à distance ?

Qui en parle, qui renvoie finalement l'Institution à ses manques ?

Soyons honnêtes : la faute ne repose pas sur un ministre ou un gouvernement, mais plus sur une succession de manquements et de défauts d’organisation, depuis des décennies.

Oui, certains enseignants ont pu se retrouver dans l'impossibilité d'enseigner à distance, oui peut-être quelques rares ont pu décider de refuser d'utiliser leurs ressources personnelles (c'est dommage car ce n'est pas l'esprit de la maison mais cela n'a rien d'illégal et ne saurait constituer une faute professionnelle).
Mais au bout du bout du compte, qui est le responsable ?

Quelle entreprise oserait demander à ses salariés d'assurer du télétravail sans y mettre les conditions matérielles ?

Je crois qu'il faudrait dire et redire que tout cela a reposé sur une sorte de miracle et que l'enseignement est définitivement une vocation.
Je crois qu'il faudrait montrer que les gouvernements successifs ont peut-être un peu trop surfé sur le dévouement des enseignants à leur métier, au risque aujourd'hui (la société change, les générations changent) de ne plus susciter autant d'engouement au recrutement.

L’Éducation nationale et ses personnels ont besoin aujourd'hui d'une prise de conscience nationale et collective, 
l’Éducation nationale et ses personnels ont besoin aujourd'hui d'un soutien massif afin de permettre à tous de s'améliorer encore et d'offrir enfin des conditions de travail dignes de cette grande cause.

A défaut d'obtenir ce soutien des médias qui aujourd'hui semblent chercher le sujet polémique qui fait de l'audience, l’Éducation nationale et ses personnels ont besoin de dirigeants qui reconnaissent et expriment les manquements passés, qui en assument la responsabilité historique et aillent de l'avant pour co-construire avec les personnels.

Celui qui un jour comprendra cela a peut-être une chance d'emmener avec lui les troupes et de construire de belles choses.

Les idées ne manquent pas, encore faut-il les laisser s'exprimer.
Et les soutenir.

37 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour, merci pour ce billet de blog. Un collègue l'a relayé sur Twitter:https://twitter.com/angry_prof39/status/1272819089820581889?s=20 . Merci de dire la vérité. Bon courage et bonne continuation.

Unknown a dit…

"Quelle entreprise oserait demander à ses salariés d'assurer du télétravail sans y mettre les conditions matérielles"

Mais la plus part des entreprises et y compris les administations.
Aujourd'hui encore au sein des entreprises les salariés non ni telephone ni ordi fournis mais utilisent leur propre materiel.

SORTEZ de votre salle de classe !!

Anonyme a dit…

vous dites absolument n importe quoi ! Tous mes proches sont en télétravail dans le privé avec ordi portable du boulot, petite boite comme grande boite

Principal En Varech a dit…

Cher "Unknown a dit…" à 14:23 le 16/06 :

Je vous renvoie vers les textes de loi à ce sujet, et par exemple un explicatif assez clair :
https://www.portail-des-pme.fr/droit-du-travail/obligations-materiels-lors-de-la-mise-en-place-du-teletravail

Quant à sortir des classes, c'était bien l'objet du message ^^
Merci pour ce soutien bien utile ;-)

Matthias a dit…

Voilà tout est dit.
Mais qui va lire cela ? Des gens convaincus.
Merci quand même.

Oonnay a dit…

Merci d'avoir remis la vérité à plat.

Sans oublier de parler des applications en ligne, mises à notre disposition par la grande maison, qui étaient HS assez rapidement.

Et quand vous aviez le malheur de donner votre N° de portable aux parents, ceux-ci ne se sont pas gênés d'appeler tard le soir (23H15 !!!) ou le WE vers 12HOO... A disposition !

Qu'est-ce que je suis content de retourner dans mon établissement !

Sylvie CHAUVIN a dit…

Merci pour cette parole ! Puissions-nous être nombreux à la porter aux différents niveaux de notre institution tant elle est juste. Je ne suis qu'un simple prof de base...qui comme tant d'autres à mis sa logistique personnelle au service de sa mission professionnelle. Et les plus beaux remerciements viennent des élèves, les premiers concernés qui ont fait pour certains preuve d'une ténacité admirable pour suivre les cours en classe virtuelle en dépit d'une connexion internet parfois aléatoire !

Anonyme a dit…

Dans mon entreprise 38 salariés on est tous en télétravail avec un ordinateur et un smartphone fournis par l entreprise.

Florence a dit…

Votre post a aussi été relayé sur Neoprofs et il nous fait du bien, à nous, des profs ordinaires mais préoccupés par la situation hors norme de nos élèves, qui avons fait de notre mieux pour continuer et raccrocher au mieux tous les élèves.
Nous sommes fatigués par les injonctions contradictoires et les jugements hâtifs mais nous continuons.
Parce que nous aimons transmettre, éveiller, communiquer, faire grandir.
Merci à vous de le voir.

Anonyme a dit…

et oui en France quand on gagne la coupe du monde on est des rois et dès que ... et là pareil les médias : "les profs font un boulot de fou" et là tout redevient "presque" normale et là boum on oublie tout et on nous tape dessus "ouais 40 000 profs déserteurs entendu ce soir à la radio ! et mon collègue de techno qui est mort au début dans l’Oise ! ah oui il a déserté ? mais quoi ils peuvent pas nous foutre la paix les médias. j'ai 60 ans 36 ans de carrière et j'ai pleuré de ne plus voir mes élèves et je revient au collège et j'ai plus ma salle de techno et et et STOP ! effectivement on ne fournit rien comme matériel et c'est inadmissible. les entreprises ont fournit ce qu'il fallait pour que le télétravail se passe bien et nous RIEN et n'avions même pas un ENT prévu pour ce genre de situation.Donc système D rien d'homogène, les élèves et les parents perdu et nous aussi et heureusement nous avons eu plein de messages de parents et d'élèves qui nous remerciaient du suivis. Rien n'est parfait mais nous aimerions aussi avoir de la bienveillance comme celle que nous avons avec nos élèves et le monde s'en portera pas plus mal.

Unknown a dit…

Mon frère travaille avec son pc et son téléphone perso, c'est une asso de taille moyenne. Moi aussi d'ailleurs, mais lui trouve ça normal, pas moi !

Unknown a dit…

Bonjour et merci pour cette très juste analyse. Enseignant depuis 25 ans,je pense qu'il n'y a rien à enlever ou ajouter à ce texte. Je vais le partager en espérant qu'il puisse être très largement diffusé '

Anonyme a dit…

Vous devez confondre avec ces entreprises où, en 1899, on demandait aux employés d'apporter leur propre plume d'oie. Dans la quasi-totalité des cas, ça a un peu changé : le matériel professionnel est aujourd'hui fourni par l'employeur.

Anonyme a dit…

Il faut continuer à débattre pour faire jaillir la lumière. L'intelligence collective vous révélera spontanément ses solutions.
Soyez simplement patients et les remèdes en découleront comme par magie. Bonne continuation.

Cris68 a dit…

Faux! Enseignante je n’utilise que mon matériel personnel et mon conjoint qui travaille dans le privé s’est vu équipé de pc et de téléphone sans quoi l’entreprise ne tourne pas et même sans télétravail !!!

Nathgig a dit…

Juste... merci... effectivement, je n'avais pas fait attention à ce problème de matériel : j'ai acheté mon premier ordinateur portable lors de ma deuxième année d'enseignement, il y a 20 ans (et ça coutait un bras à l'époque !!!) et je n'imagine même pas faire sans. Depuis j'ai changé plusieurs fois en me disant que c'était "normal", mais non ! En réalité il est vrai que c'est écrit nulle part et que sans notre matériel perso, quid du travail à distance ??? Dans notre collège REP+, nous avons développé tout un tas de méthodes pour ne pas perdre les élèves : site du collège, sites perso, groupes de discussion, nombreuses classes virtuelles, prise de contact pendant les vacances... et ça a plutôt bien fonctionné, même si de notre côté, les messages jusqu'à tard le soir étaient légion ! En plus des changements d'organisation et d'EDT toutes les deux semaines ces derniers temps, de faire la classe réelle pour les présents, puis la classe virtuelle en rentrant chez soi pour ceux qui ne peuvent/veulent pas venir au collège, nous sommes épuisés... mais ça les médias semblent s'en moquer !!! Donc... merci...

Unknown a dit…

Merci pour ce message, ils ont osé parlé d'arrêt de travail de complaisance.. Alors oui moi j'étais en arrêt et je le suis toujours pour traitement de mon cancer mais comme ils ne voient pas plus loin je suis en arrêt...

Anonyme a dit…

Prof depuis une petite vingtaine d'années en REP+ (les zones vraiment dures pour ceux qui ne connaissent pas le jargon), je dois dire que j'en ai vu des vertes et des pas mûres durant ma carrière mais que là, c'était vraiment apocalyptique. Rien ne fonctionnait, les systèmes à distances du rectorat ont tous crashé sous l'affluence en moins de 48h. Mais on a tenu et on en est fiers.

Et j'ai une pensée particulière pour mon chef d'établissement qui a installé sur ses deniers personnels un ENT privé pour notre collège. On s'y est tous mis et ça a marché, on a fait revenir quasiment tous les élèves et on a pu continuer l'enseignement à distance. J'ai quelques doutes sur la qualité de ce que nos élèves ont appris durant cette période mais c'est pas le sujet : on a fait au mieux. Ceux qui voudraient maintenant nous en demander des comptes, je ne leur répond même pas.

J'ai arrêté depuis un moment déjà de m'intéresser aux bashings réguliers venus des médias cherchant l'audimat, des parents qui s'en prennent au premier interlocuteur en face d'eux pour les manques de l'institution entière et ceux de la population qui croit savoir comment ça marche et comment ça devrait marcher vu que tut le monde a été à l'école. On nous traite de privilégiés fainéants ? Je m'en moque. De toutes façons, c'est à la mode et rien ne fera durablement changer d'avis les gens.

On nous oppose souvent les conditions d'exercice dans le privé mais si nous relisions notre contrat et commencions à réclamer simplement son application stricto-sensu (et ça, je crois que ça n'aurait rien d'illogique, c'est le code du travail qui le dit), l'éducation nationale arrêterait de fonctionner. Juste parce que c'est notre bonne volonté qui fait que ça marche encore.

Un peu comme les soignants à qui on refuse de prendre ces congés qu'ils ont gagné en faisant des milliers d'heures supplémentaires parce qu'il n'y a personne pour les remplacer s'ils partent en vacances. Et a qui on dit maintenant qu'ils ne pourront probablement pas les utiliser non plus pour réduire leurs années d'exercices avant la retraite car ça coûterait trop cher au système... J'arrête là la comparaison, ils ont risqué leur vie, nous on a seulement risqué notre santé mentale, c'est pas la même chose.

J'ai fait six ans d'étude après le bac, j'ai une certaine expérience professionnelle et une vision à peu près claire de comment fonctionne mon métier. Et je vois bien qu'on fonce tous vers la falaise comme une bande de lemmings qui tiennent à la caféine et aux bons sentiments. Mais je ne vois pas comment ça pourrait finir autrement que dans un grand "splash !" généralisé.

Ceux que ça intéresse peuvent se renseigner sur l'enseignement public dans le sud des Etats Unis. On en sera là dans moins de dix ans.

Jérôme a dit…

Bonjour,

Bravo pour ce message : longtemps proviseur dans l'enseignement agricole, j'ai toujours été étonné que la question des moyens mis à disposition des enseignants pour exercer leur métier n'ait jamais été vraiment portée... J'espère que le retour d'expérience de la pandémie le permettra !
Cordialement
Jérôme

Anonyme a dit…

1. J'ai connu le monde de l'entreprise avant d'être prof et changé plusieurs fois.

2. Dans l'ensemble de mon entourage hors Éducation Nationale (famille, amis,...) 2 cas de figure se présentent:
A. Ordis portables et téléphones fournis en permanence par l'entreprise ou spécialement pendant la crise Covid.
B. Chômage partiel : pas de matériel mais pas non plus de boulot à fournir.

Point. Pas de matériel = pas de boulot. Sauf pour nous, pauvres pommes qui
plaçons notre dévouement aux apprentissages des élèves au dessus de ce bon sens pourtant si évident ailleurs...

Des 4 entreprises différentes que j'ai fréquenté, aucune non plus m'aura fait griller mon PC perso et forcé à en racheter un sur mes deniers personnels.

Eva M a dit…

Ça fait du bien... Mais ça fait mal aussi.
Ma vocation se fissure de jour en jour, parce que je suis tiraillée entre les injonctions contradictoires, ma conscience professionnelle, mon cœur de maman...
Va-t-elle exploser en mille morceaux ? Quelqu'un saurait la réparer de fils d'or ?
Je me prends en pleine figure l'absurdité, le non-sens, malgré 15 ans d'enseignement....

Anonyme a dit…

L'entreprise de mon ami a envoyé un technicien pour installer le matériel = PC , scanner et fauteuil pour le Homeoffice. L'entreprise paie également la connexion internet pendant le télétravail. C'est obligatoire dans beaucoup de société pour s'assurer d'un logiciel anti espion et des bonnes conditions de travail de ses salariés.

Anonyme a dit…

Merci pour ces mots si justes.

Anonyme a dit…

Il n'y a pas de raison que ce système s'arrête puisque nous enseignants, sommes résigné à continuer comme avant.

Gauthier Guillemin a dit…

Aujourd'hui j'ai quelques nausées et des vertiges, ma routine lorsque le stress s'accumule. Alors je prends les petits cachets qui vont bien et je retourne refaire les emplois du temps pour la énième fois parce que notre ministre a parlé sur Europe 1, plutôt que de discuter avec les acteurs de terrain. Serrons nous les coudes, il n'y a rien de plus important

Anonyme a dit…

Ma sœur est parisienne et a choisi de se confiner en province, à 500km de Paris. Après avoir commencé le télétravail en urgence avec son propre matériel, son entreprise a très rapidement fait livrer un fauteuil et un ordinateur pour qu'elle puisse travailler dans de bonnes conditions. Enseignante, je suis confinée à 2 km de mon collège, et j'ai saisi l'occasion d'aller "emprunter" scanner/clavier/souris dans ma salle de classe la veille du confinement, sans quoi j'aurais souffert pédagogiquement pendant trois mois sur mon vieil ordinateur portable. Merci mon coup de génie (et mon forfait mobile illimité pour appeler élèves et parents), car mon patron Jean-Michel Blanquer ne m'a pas proposé quoi que ce soit.

Par ailleurs, un prof sur les 40 de mon établissement n'a pas très bien joué le jeu (sans surprise, il ne le joue pas très bien non plus d'habitude).
Les parents des élèves de mon collège ont été enchantés du suivi de leurs enfants par toute l'équipe pédagogique et l'équipe de direction. Ils nous envoient des fleurs et des cartes de remerciement.

Mais on ne retiendra de tout cela que les profs décrocheurs...

Anonyme a dit…

Beaucoup de pratiques avec les élèves de SEGPA dans les ateliers.... là, il a fallu user d'ingéniosité pour leur préparer des TP à faire à la maison et des cours de technologie professionnelle. À temps partiel habituellement, je suis passée à un temps plein pendant le confinement entre les préparations, les appels aux familles et les aides aux élèves tout cela avec mon propre matériel comme vous tous. Et on trouve cela normal. C'est vrai que nous sommes de bonnes poires corvéables à merci nous. Ceux de l'éducation nationale....

Anonyme a dit…

Soutien et réconfort ! Voilà ce qu'il manque le plus en ce moment... Merci, bon courage et bravo à vous aussi

Unknown a dit…

.

Anonyme a dit…

Je travaille en administration, tout le matériel nécessaire nous est fourni, en télétravail mais aussi au quotidien en présentiel : feuilles, bloc-note, stylos, post it ... Rien de tout cela dans l'enseignement que j'ai fréquenté au début de ma carrière (année 2000). Bravo à mes anciens collègues !

Anonyme a dit…

Très bonne réflexion sur la profession. Moi-même professeur depuis plus de 30 ans, je n'ai guère vu évoluer le mammouth...Il faudrait, pour ce faire, dégeler le permafrost et, avec quelques manipulations de haute volée, ressusciter l'esprit de l'Education, celle des Humanistes, celle d'Emile...mais je n'y crois plus.
Pour ce qui concerne l'acharnement médiatique sur notre travail, il me semble que la meilleure attitude à adopter soit celle du mépris. De plus venant de la propagande Nationale subventionnée par le Medef, plus rien ne m'étonne. Somme toute, comme disait l'ami François Rabelais, "A cul foireux toujours merde abonde".

Anonyme a dit…

Merci pour ce partage ! Si son auteur que j'approuve entièrement est d'accord il faudrait le diffuser à grande échelle, à tous les médias de quelle forme qu'ils soient.
Pierre alias Rossinante

Ed a dit…

Merci pour cette analyse. Je pars en retraite en octobre. Je suis épuisée. Je sais pourquoi, mais la société tout entière ne voit que nos vacances, notre hiérarchie ne pense qu'economie, et depuis 10 ans, l'argument du devoir d'obéissance des fonctionnaires clôt tout débat qui autrefois aurait été constructif. Ce qui rend votre analyse exceptionnelle, hormis sa clarté et sa lucidité, c'est qu'elle soit rédigée et publiée par un chef d'établissement.

Unknown a dit…

Bonjour, Je ne travaille ni dans le public, ni dans une entreprise privée puisque je suis indépendant (événementiel, arrêt total, youpi).
Mais je tiens à vous apporter tout mon soutient. Même avant cette crise, les cas d'apports personnel des personnels enseignants n'avaient sidéré. Stylo, papier, matériel divers, récupération d'ordinateur etc... De moins en moins de soutien financier, salaires trop bas, pressions et nouvelles directives permanentes des rectorats. J'ai halluciné lors de l'entrée de mes enfants à l'école. Merci à vous tous ! Votre métier est essentiel aux générations futures.

Anonyme a dit…

Effectivement quand je vais faire reparer ma voiture chez le garagiste...je ne lui amene pas mes outils...

Martine Le Guen a dit…

Hé bien bravo! Pour une fois qu’un personnel de direction ose dire la vérité ouvertement sur cette belle institution que pourrait être l’éducation nationale su une véritable politique éducative existait en France. Merci sincèrement en espérant que ce courage n’impacte pas votre carrière car malheureusement c’est aussi cela que nous vivons: « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Notre point commun à tous: la passion de transmettre et de faire grandir des jeunes. Notre président, notre ministre peuvent compter sur nous , on sera toujours au rendez-vous. Cela ne nous empêche pas d’être clairvoyants et de penser qu’ils ont été nettement moins visibles pour nous que nous ne l’avons été pour nos élèves!

Unknown a dit…

Vous avez des syndicats,un certain nombre me semble t’il.A quoi servent ils?